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samedi 20 août 2016

Holguin et nos derniers jours sur la grande île des Caraïbes

Nous sommes donc partis vendredi pour Holgiun, petite ville située à 40 km de Puerto de Vita, qui, sur le papier nous semble pas mal du tout. Nous avions repéré un petit hôtel sympa dans le Lonely Planet, Le Pernik. Quelque chose de simple, pas trop loin du centre, avec le wifi et qui avait apparemment tout récemment fait appel à des artistes locaux pour sa déco. A peine rentrés dans la chambre, nous demandons à en avoir une autre, malheureusement pire encore ! Nous remercierons gentiment l’hôtesse d’accueil, mais il n’est pas envisageable pour 75$ la nuit de dormir dans une chambre d’hôpital qui sent le renfermé comme jamais. Et question déco… Nous partirons donc à pieds vers le centre ville à la découverte d’Holguin et à la recherche d’un bon lit et de bonnes tables ! Et nous avons bien fait !






En chemin, on demande un peu, on tchache avec un petit monsieur bien sympa qui nous indiquera un bon petit resto cubain, puis nous allons chez Janet, une « casa particular », en plein centre. Tout simplement géniale. Janet habite avec ses soeurs et certainement ses tantes, dans une belle et grande maison. Elle propose 2 chambres à louer, lesquelles sont immenses avec salle de bain privative, lit king size et frigo, pour 25€ la nuit. On y passera une très bonne nuit, au calme. Pour ce qui est de Holguin, on y flane tranquillement. Il y a de nombreuses places et parcs, c’est assez agréable. On se fera de bons petits restaus et notamment le 1910, un délice en tout point, service, ambiance, nourriture, au top ! On se fondera même dans une soirée sur un toit terrasse où la jeunesse cubaine se déhanche sur de la musique pop à coup de mojitos et bières locales !


En discutant avec un autre petit monsieur, qui aura fait un rapide cours d’histoire de la ville à Alex, il nous conseille de nous rendre au Loma de la Cruz, un point de vue sur la ville et ses environs, accessible par un « infini » escalier… Ca nous aura fait les molets ;-) 

L'histoire de Holguin : de sa découverte par C. Colomb en 1492 à la Révolution de Castro




En prévision de notre départ pour les Bahamas et sa vie chère et que nous n’aurons accès à un supermarché avant 1 semaine, nous avions prévu de faire un gros ravitaillement. Il y a tout de même pas mal de choses qui sont jusqu’à 2 fois moins chères ici. Après avoir prévenu le taxi et négocié avec lui le tarif pour le retour (attente, plusieurs stops, …) nous lui avons chargé sa belle américaine comme jamais ! Sur le chemin du retour nous nous arrêtons sur le bord de route, où de petits stands bien fournis en fruits et légumes nous ravissent.





Mais - parce qu’il y'a toujours un « mais » à Cuba - en arrivant à la marina, le garde nous précise que les ordres nous interdisent de rentrer après 17h avec le taxi. Nous avons des courses pour un régiment, avec notamment 16 gallons d’eau, 3 packs de 24 bières, des conserves, des fruits et légumes, etc ; mais le taxi doit nous laisser à l’entrée… Aberrant ! Après avoir bataillé quelques minutes et quelques appels « au chef » plus tard, celui-ci nous autorisera à aller jusqu’au parking, mais pas de descendre au ponton. Nous ferons donc de nombreux allers-retours sur plus de 200m pour acheminer tout ça jusqu’au bateau. Heureusement le garde de nuit du ponton, Roberto, nous aidera. Cuba, ou l’art de tout compliquer…


Dimanche on prépare le bateau pour le lendemain. Nous avons aussi pas mal de choses à faire sur Internet, pour la nav, mais aussi pour le boulot pour Alex et puis des démarches pour moi parce que j’ai oublié ma CB dans un distributeur à Holguin… Et oui, j’ai fait ma boulette ! Bref. Il n’y a pas de wifi à la marina, mais un ordinateur à dispo avec comme partout des cartes internet à 2$ l’heure. Nous préparons donc tous nos mails au bateau et les mettons sur clé USB pour n’avoir qu’à les envoyer une fois connectés. Première déception, on ne peut pas lire les clés usb sur l’ordi, c’est bloqué (interdit). 2ème déception ou aberration, c’est vous qui voyez, pour avoir accès à word et donc taper nos mails avant de les envoyer, vous devez vous connecter à l’ordi avec la carte d’accès internet… Nous paierons donc 2$ pour taper du texte sur word ! Le genre de petits détails qui vous met en en pelote. Alex passera une bonne partie de la journée sur l’ordi et nous terminerons de préparer le bateau en toute fin de journée. Nous avons prévenu la marina que nous souhaitons partir au plus tôt le lendemain, il y a pas mal de vent et de houle, nous avons 60 miles à faire et il faut impérativement que nous arrivions de jour. On nous indique qu’il est impossible de partir avant 7h30. Nous ferons avec…
Une dernière petite surprise et il en sera fini de nos péripéties cubaines. Lundi matin, 8h, l’essence du bateau est faite, la Garda est à bord pour nous faire les papiers de sortie du territoire… Nous allons pouvoir partir. C’était sans compter sur la visite de dernière minute de nos amis les chiens, tous beaux, tous baveux. C’est le coup de trop ! D’une, on nous avait indiqué que les formalités ne prendraient que quelques minutes et nous avons calculé notre route en fonction. Et de deux, nous pourrir le bateau juste avant 12h de navigation, franchement c’est abusé ! 


Voilà, il en est fini de Cuba. Nous avons fait une bonne nav jusqu’aux Bahamas, les conditions étaient meilleures que ce qui était annoncé et nous avons même pu faire 3h uniquement avec la grand voile et le génois à plus de 6 noeuds, du bonheur. Puis, étant conscient que nous ne sommes pas des voileux aguerris et que l’horizon se parsème de grains où les vents grimpent à 27/28 nds, nous réduisons la toile en ajoutant le moteur afin de tout de même respecter notre timing. Nous sommes depuis lundi soir aux Ragged Island, un archipel tout au sud des Bahamas, que nous ne connaissions pas encore. Juste magnifique ! 

En résumé, Cuba, oui, mais… Non !


mercredi 17 août 2016

De Cayo Guillermo à Puerto de Vita

Nous sommes donc partis lundi 8 août à 14h de Cayo Guillermo. Comme annoncé, c’est pétole, nous avançons à 6/7 noeuds au moteur uniquement. 


En fin de journée, de nombreux orages se forment un peu partout autour de nous, Alex arrivera à les éviter. Mais vers 0h00 je le réveille pendant mon quart, il y a un orage menaçant en face… A son réveil Alex est en petite forme et on ne se sent pas d’affronter les orages toute la nuit. Ca tombe bien, on est tout prêt de Cayo Confites, un mouillage indiqué sur le blog « la petite virée d’Alégria ». On s’arrête après 65 miles et on a bien fait, un bel orage éclatera un peu plus tard et franchement on est mieux au mouillage. Les orages en mer, c’est vraiment ce que nous redoutons le plus… Le lendemain, comme indiqué à la Guarda Frontera - qui nous a contacté à notre arrivée au mouillage à 1h - nous repartons de bonne heure. Le levé du soleil sur l’îlot est splendide. 



Mardi 9 août, après 72 miles nautics, un peu plus sportifs - le vent et la houle se sont bien levés sur les 3 dernières heures de nav - nous mouillons de nuit, à l’entrée de Puerto Manati. La nuit sera assez calme malgré un bon coup de vent ! 


Mercredi 10 août, nous pensions dormir un peu, mais la Guarda Frontera en décidera autrement et nous contactera par VHF à 7h en nous demandant de ne pas quitter le mouillage tant qu’ils ne sont pas venus à bord… Quasi une heure plus tard, nous voyons débarquer au loin un mini bateau avec un mini moteur. Après une mini inspection d’un garde (qui avait du oublier de se laver les dents ce matin…) nous pouvons repartir. 



Nous avons une courte navigation à faire jusqu’à Puerto Padre, nous y arriverons dans l’après-midi. L’entrée dans le chenal est bien sympa, les bords de plage sont bondés et des airs de musique pop résonnent ci et là… On se serait bien arrêté ici ! 



Mais cela est impossible et nous sommes vite contactés par la Guarda qui nous demande de venir les voir à leur ponton avant de nous indiquer un mouillage un peu plus loin, bien plus industriel. Nous verrons ainsi avec eux pour prévoir notre départ tôt le lendemain, à 4h. Après 3 jours en mer, Alex a envie d’aller marcher, mais comme vous le savez, nous ne pouvons descendre à terre tous les 2. Il partira donc seul en annexe pour rejoindre la terre et se dégourdir les jambes. Même pas 5 minutes plus tard, je suis contactée par VHF par la Guarda me demandant de bien vouloir dire à mon compagnon de regagner le bateau, car s’il souhaite aller à terre, il doit le faire en passant par la Guarda… Malheureusement, je leur explique que je n’ai aucun moyen de le contacter ! Ils dépêcheront un garde à sa recherche dans le village et je verrais Alex tout penaud et quelque peu agacé, rentrer au voilier… 


A défaut de pouvoir marcher, Alex se défoule comme il peut...
Réveil 4h, on se prépare à partir. Comme on nous l’a demandé on appelle à la VHF avant de quitter le mouillage pour rejoindre le dock de la Guarda et récupérer nos papiers. On nous répondra gentiment qu’on ne peut pas quitter Puerto Padre avant 6h… Comment leur expliquer que là ça commence sérieusement à nous gonfler ?!? Du coup, on se recouche… A 6h, nous pouvons enfin récupérer notre despacho et nous diriger vers Puerto de Vita, notre dernière étape cubaine. 

Attaque de yin-yin

Levé de soleil derrière un grain...
Après 40 miles nous entrons dans le chenal de cette petite marina. Comme depuis notre arrivée sur Cuba, nous sommes le seul voilier à naviguer. Il y a bien un ou 2 autres voiliers, très beaux d’ailleurs, mais ils sont en hivernage à flot. Une fois amarrés, nous voyons débarquer la garda et tenez-vous bien, ses compagnons, nos amis les chiens, 3 batards cockers, tout à fait mignons, mais baveux, qui, normal, sentaient le chien mouillé et qui n’avaient pas l’air très motivés pour venir inspecter le bateau. Certains qu’ils auraient préféré une ballade ;-) Bref, après papiers, inspections et nettoyage à grandes eaux, nous pouvons quitter Vega et aller marcher, marcher, marcher…

Cette longue nav nous a permis de bien nous poser sur la suite de notre voyage. A la base, nous étions venus à Cuba pour nous abriter jusqu’à la fin de la période cyclonique, mais si nous ne voulons pas finir par en prendre un pour taper sur l’autre (alors même qu’ils n’y sont pas pour grand chose), il nous faut partir ! Nous regrettons de ne pas avoir lu de conseils plus avisés sur les multiples contraintes de navigation à Cuba, nous ne serions jamais venus jusque là. Nous avons fait plus de 450 miles, pas très agréables, sur ce territoire, sans pouvoir profiter, c’est tout simplement ridicule. Nous le disons clairement, voileux, ne venez pas ici ! Il y a plein d’autres endroits sur terre où vous pourrez profiter de la voile et de toute la liberté que celle-ci vous offre !

Bref, nous nous sommes donc décidés, nous sommes jeudi, lundi nous repartons pour les Bahamas. Nous remontrons vers le nord, jusqu’aux Abacos pour nous mettre à l’abri jusqu’à mi-octobre. Il va nous falloir naviguer pas mal les premiers temps pour nous rapprocher de Nassau et ne pas être à plus de 24h d’un abri au cas où… L’autre solution aurait été de repartir direct vers les Iles Vierges Britanniques, en longeant Haïti, la République Dominicaine et Puerto Rico, vent et houle de face sur plus de 800 miles et franchement on ne se sentait pas de le faire maintenant.

En attendant le départ pour les Bahamas, nous allons partir sur Holguin, à 40 km de là. Cette petite ville nous réconciliera-t-elle avec Cuba ? Suite au prochain article…

vendredi 12 août 2016

Cayos Coco, Cayo Guillermo, … Cayos locos !

Nous avons donc passé un peu plus de 3 jours à la marina de Cayo Guillermo. Mis à part des catas de sorties touristiques et des bateaux de pêche, il n’y a que nous dans cette mini marina. 



Elle se trouve sur Cayo Guillermo, un îlot relié à Cayo Coco et à la grande terre par un pedraplène (route-digue) de près de 40 km construit sur l’eau (une catastrophe écologique d’ailleurs). Avant 1993, date de la construction du 1er hôtel, ces îlots n’étaient que de vastes mangroves infestées de moustiques ! Aujourd’hui, c’est le paradis des hôtels « all inclusive » ! C’est ainsi qu’une fois amarrés, nous nous rendons au plus vieux d’entre eux, Villa Cojimar, le summum de la « beauf attitude » ! Nous pourrons y avoir accès à Internet et profiter du buffet pour 10 CUC par personne. Malgré la qualité des plats, nous sommes contents de pouvoir manger et boire à volonté ! Ce que Aurel et Alex feront d’ailleurs tout l’aprèm ;-) Tant qu’à profiter, allons-y… 


Normalement pour avoir accès aux infrastructures et aux bars (et donc aux cocktails) vous devez être munis du fameux bracelet, mais franchement tout le monde s’en fou, cela doit arriver tellement peu souvent que des touristes non enregistrés à l’hôtel viennent ici, que la question ne se pose même pas ! Piscine, pédalos, ping-pong, billard, concours de danse, cocktails ; Aurel et Alex se fonderont dans la masse jusqu’à revenir tous gais et plein d’anecdotes après le diner ! 





Pendant ce temps-là, j’étais moi tranquillement retournée au voilier pour savourer calme et détente après pas mal de nav et surtout la musique à fond des hôtels et le débit de leur GO ! 
Aurel doit nous quitter dans 2 jours, il doit rejoindre La Havane pour aller prendre son avion mardi. Nous sommes bien plus loin que ce qui était prévu, il faut donc qu’on trouve un moyen de transport  fiable. Après renseignement auprès de plusieurs hôtels, agences touristiques et compagnies de bus, il n’y a qu’une seule solution : le taxi jusqu’à Ciego de Avila (2 heures), puis le bus Viazul jusqu’à La Havane (7 heures). Pour être sur d’être à La Havane à temps, il partira dimanche matin de bonne heure. D’ici là nous avons un peu de temps pour aller faire 2 ou 3 courses, se rendre à Playa Pilar, la plus belle plage des Caraïbes selon le Lonely Planet et partir à la recherche des flamands roses qui peuplent les mangroves de Cayo Guillermo. 
Pour aller faire les courses, nous arriverons pour la première fois à monter à bord d’un bus cubain… Ils nous ont pris pour des travailleurs ! Puis grâce à un gentil monsieur qui attendait lui-même un moyen de transport, nous pouvons monter à l’arrière d’un tracteur ! Tout ça gratuitement, ça fait du bien un peu de solidarité…
Pour ce qui est de la plus belle plage des Caraïbes, Playa Pilar, nous conseillons vivement à Brendan Sainsbury, auteur du Lonely sur Cuba, de voyager un peu plus et de se rendre sur d’autres îles de la Caraïbe, car cette plage n’a rien de charmant ! Il y a tellement de transats, lits, matelas et autres installations en tout genre qu’on en voit à peine le sable… A gauche, vous avez vu sur des grues avec des hôtels en construction et à droite sur un hôtel 5* ressemblant à de vieux HLM ! Nous n’avons même pas pris de photos tellement c’était décevant… Il en est de même pour le Ranchòn et « ses escalopes de poulet somptueuses »… Il n’y a pourtant nul besoin d’être un fin gastronome ! Bref, nous sommes allés à Playa Pilar !

Heureusement, les flamands roses viendront égayer notre journée. Ils sont nombreux et magnifiques, certains bien plus roses que d’autres ! Lorsqu’ils s’envolent et déploient leurs ailes on se rend bien compte des extrémités noires et le contraste est surprenant ! Les garçons retourneront faire quelques photos à la « golden hour », lorsque le soleil décline doucement et que les couleurs changent ! 




Pour notre dernière soirée avec Aurel, nous allons diner au petit hôtel à côté de la marina ; un hôtel pour cubains et franchement on se régalera, malgré la musique un peu forte… La Villa Gregorio deviendra d’ailleurs notre petite bouffée d’air dans ce monde de « ouin-ouin » !
Ca y est, Aurel est parti tôt dimanche matin et son transport jusqu’à La Havane s’est bien déroulé. Il est retourné dormir chez Mireya et Miguel que j’avais prévenu par texto de son arrivée. De notre côté nous nous préparons pour le départ le lendemain. Nous avons pas mal de choses à voir sur Internet. Alex a notamment beaucoup à faire avec le club, la gestion de la compta, de nouveaux employés qui arrivent, le problème de la voiture qui n’est toujours pas réglé et il est fort possible qu’il doive faire un aller-retour à Mayotte d’ici la fin de l’année. Ce n’était pas vraiment prévu dans le parcours et les finances ! Et puis, nous nous posons beaucoup de questions sur la suite de notre voyage. Au départ, nous pensions rester à Cuba 2 mois, mais vu le peu de liberté que nous avons ici, il en est hors de question. Nous regardons donc les différentes possibilités qui s’offrent à nous compte tenu de la période cyclonique en cours…


Voilà, notre petit séjour à Cayo Guillermo s’achève, nous aurons sympathisé avec le barman de la Villa Gregorio et il aura pu nous avoir des fruits, des légumes et du beurre. A la station service, nous ferons le plein de bidons d’eau (2 fois moins cher qu’aux Bahamas) et à l’hôtel, de yaourts et de jus. Nous voilà prêts pour rejoindre Puerto Vita à 180 miles de là, notre dernière étape à Cuba et la marina où nous pourrons faire les documents de sortie du territoire. La météo s’annonce favorable pendant 24h, nous allons en profiter avant que le vent forcisse à nouveau ! 

Petites précisions pour les navigateurs :
Entrée et sortie de la marina Cayo Guillermo à marée haute à 0,50 cm : 2,30 m d’eau
Bouée d’entrée du chenal : blanche avec cerclage bleu
Chenal : pour rentrer, il faut passer proche de la bouée en la laissant sur babord puis viser un chemin se dessinant entre 2 zones plus sombres environ 100 mètres devant.
Pour l’entrée dans la marina : se caler sur la droite (banc de sable)

lundi 8 août 2016

Cuba prohibida*…

On ne pensait pas vous en raconter beaucoup de notre 3ème semaine sur Cuba, puisque nous n’avons le droit de ne rien faire en voiler, mais cela mérite quand même d’être raconter tellement c’est GROS !


Donc, après notre trip à terre, nous sommes partis samedi dernier de Varadero direction Los Cayos del Norte avec l’espoir de pouvoir chasser et plonger dans les eaux prometteuses de Cuba. Nous avons fait un premier stop à 10 miles de Varadero près du Cayo Mono, où Aurel et Alex sont allés chasser près de 3 heures dans une eau pas tout à fait claire et surtout pas très riche en poissons. Nous aurons tout de même de quoi nous faire quelques filets. La nuit fut assez agitée, le vent à tourné et la houle rentre assez pour nous faire rouler toute la nuit… Alex et moi nous nous lèveront à 4 heures afin de faire une partie de la nav de nuit et profiter une fois arrivés dans la Bahia de Cadiz, d’un mouillage bien calme que nous avions apprécié à l’aller. Comme prévu, nous avons le vent et la houle de face, on se traine. Même en tirant des bords, nous mettrons près de 10 heures pour faire 50 miles. Mais contents d’arriver dans cette baie bien jolie (à l’aller nous ne l’avions vu que de nuit). 


Après une bonne nuit de repos au calme, nous partons en annexe avec la ferme attention d’aller voir le phare et peut-être y rencontrer quelques espèces animales, dont les iguanes qui peuplent les cayes de Cuba… Mais, comme nous aurions du nous en douter, une fois à l’approche du phare, c’est une dizaine d’hommes en vêtement vert olive (couleur de la révolution) qui s’agitent, s’inquiètent et nous pris gentiment de regagner le bateau. Nous n’avons pas le droit de descendre à terre ! Déçus, mais pas surpris, nous reprenons l’annexe et nous baladons le long de l’îlot avec quelques petites baignades dans des piscines. 



Du coup, pour pouvoir aller à terre, il nous faudra trouver un îlot isolé où il n’y a pas la moindre trace de vie à quelques miles aux alentours… Après un bon repas, avec langouste, gratin de poissons et une bonne bouteille de vin, nous allons nous coucher, car nous nous sommes décidés à partir dès le lendemain matin pour Cayo Hicacal à 25 miles de là. 


Comme nous n’avons pas Internet à bord, c’est Guigui et Sara depuis Mayotte, par texto, qui nous font notre point météo quotidien, notamment pour nous ternir informés des avis de tempête… Pas de changement de prévu, encore et toujours le vent (15/20 noeuds) et la houle de face, les navigations sont longues et agitées. Le mouillage que nous trouvons est aussi calme que la veille, ça fait du bien, mais les eaux sont toujours aussi vertes et peu riches. Aurel et Alex ne se font pas plus plaisir que ça en chasse et surtout, nous n’essayons même pas de plonger ! Le lendemain nous partons naviguer en annexe dans les bras de mangrove de l’îlot, mais contrairement aux Bahamas, pas la moindre vie dans l’eau… Sur terre, nous apercevrons de nombreux iguanes, assez farouches et nous aurons du mal à les approcher ! 






Mais où est Charlie ???

Comme il n’y a rien à faire, nous partons dès 20h direction Cayo Santa Maria, notre point d’arrivée. Nous avons 60 miles à faire et devrons arriver vers 8h du matin. Il y a un peu moins de vent, mais toujours d’Est. La nuit se passe bien, nous faisons des quarts à trois, c’est assez confortable et nous arriverons à dormir un peu. A notre arrivée à la marina de Las Brujas, quelle ne fut pas notre surprise de nous voir refuser l’accès. C’est une marina nationale, non accessible aux plaisanciers étrangers ! Il va nous falloir rejoindre la prochaine marina à 25 miles de là… On est crevés, mais nous n’avons pas le choix, on ne peut même pas rester mouillés à proximité ! Pour couronner le tout, le câble de la tablette qui nous sert de GPS ne fonctionne plus, nous ne pouvons plus la recharger. Nous en avons bien un de rechange, mais il est sous scellé avec le drone. 
Ah oui, nous avions omis de vous raconter cette anecdote… A Varadero, nous avons fait voler le drone et le lendemain nous avons vu débarquer la Guardia, 6 personnes, nous demandant de nous expliquer sur l’utilisation de cet appareil. On ne sait jamais, d’ici à ce que nous souhaitions espionner… On ne sait quoi d’ailleurs ! Bref, le drone était donc sous scellé depuis et nous avions interdiction de l’ouvrir avant notre sortie des eaux cubaines ! Nous demandons donc gentiment aux douaniers de la marina de Cayo La Brujas de nous l’ouvrir pour récupérer le câble. Après 2 heures à attendre une réponse de leurs supérieurs et plusieurs tentatives de contact VHF, nous décidons de partir et de faire sauter la scellé… Risqué pour la suite, il faudra s’expliquer, parlementer encore et toujours ! 
C’est ainsi, après 7 longues heures de navigation que nous arrivons enfin à Cayo Guillermo. Nous avions lu sur des blogs que l’approche de cette marina n’était pas facile, peu d’eau dans le chenal et entrée étroite. Ce qui se vérifiera effectivement. Impossible de voir par où passer. Nous laissons donc le bateau au large de la plage avec Aurel à bord et nous partons Alex et moi en annexe voir ce qu’il en est. En arrivant à la marina, on nous confirme qu’il nous faudra venir à marée haute le lendemain vers 9 heures et donc passer la nuit sur le voilier à se faire brasser comme dans une machine à laver. On nous indiquera également le chenal d’accès, non balisé, bien entendu ! De retour au bateau, nous décidons quand même d’aller à la marina pour boire un verre et manger. Mais nous avions oublié une des fameuses règles, impossible de laisser le bateau sans personne à bord et comme nous ne souhaitions pas tirer à la courte paille pour savoir qui aura le droit de passer une soirée en solo sur le bateau, nous retournons tous les 3 sur Vega avec quelques bières… La nuit fut aussi agitée que nous l’espérions, j’en ai mal au dos ! 
Le Dock master nous avait indiqué que la marée était haute à 9h, ce qui nous semblait étrange vu qu’elle était basse à 17h30, mais bon, on se lance ! Alex a géré, il y a effectivement peu d’eau, 2,40m et nous avons un tirant d’eau de 1,65m. Avant d’entrer dans le chenal, nous regardons les bateaux de croisières journées sortir pour voir leur cap. C’est l’entrée dans la marina qui sera la plus tendue, mais encore une fois, Alex a l’oeil et nous fera une manoeuvre de toute beauté ! Ca y est, nous voilà amarrés. Passons maintenant aux formalités et aux explications. En plus de la scellé du drône, à la marina de Varadero, qui soit dit en passant, nous avait indiqué pouvoir aller à la marina de Las Brujas, ils ont oublié de noter Aurel sur les papiers de sorties de la marina, c’est comme si nous l’avions récupérer en route et ça c’est impossible !!! Bref, après quelques heures d’attente, la guardia a passé des appels à Varadero, nous pouvons enfin aller à terre. Ah oui, et la marée était haute à 12h !

Donc si nous résumons, voici quelques règles cubaines lorsque vous êtes plaisanciers (parmi certainement tant d’autres) :
  • interdiction de descendre à terre si vous n’êtes pas dans une marina
  • interdiction de sortir de la marina avec l’annexe
  • interdiction de n’avoir personne à bord si votre bateau est au mouillage et donc si vous partez vous balader en annexe, une personne doit rester à bord
  • obligation de faire des papiers d’entrée et de sortie dans chaque marina, même si vous avez déjà fait votre entrée sur le territoire
  • interdiction de faire voler un drone

L’Etat cubain ferait mieux de ne pas accepter les bateaux de particuliers… Mais cela rapporte tout de même une belle petite somme d’argent, pas fou le Fidel !

* Interdite.