VEGA

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mardi 19 juillet 2016

Des Bahamas à Cuba…

Quelques mots sur notre première « longue » traversée que tous les 2, avec notamment une navigation de nuit ! Nous nous sommes donc largement préparés pour être plus tranquilles pendant la nav. Nous avons pris pas mal de renseignements sur cette route, peu empruntée et d’ailleurs présente sur aucune carte, et sur Cuba. Blog d’autres voyageurs, pages facebook, sites internet, … 
A Cuba, il va nous falloir redevenir plus attentifs à la sécurité et notamment à tout ce qui peut être volé. De même, apparemment la navigation et les mouillages ne sont pas simples. On ne pourra s’arrêter où l’on veut et la « guarda » veille ! Bref, on verra une fois sur place, mais ce qui est certain c’est que nous pourrons descendre du bateau temps que nous n’aurons pas fait les formalités d’entrée sur le territoire. Cuba est en train de changer, mais il y a encore beaucoup de choses qui sont interdites à la population. Nous ferons peut-être un article plus tard sur l’histoire de Cuba, mais un simple petit exemple, jusqu’en 2008, les cubains n’avaient pas accès aux hôtels !

Ainsi, une fois posés à Grassy Creek Cay, nous sommes allés cherchés des conchs et Alex nous a préparé une délicieuse salade pour notre dernière soirée au Bahamas et un carry pour le repas de la nav. Pendant ce temps là, j’ai fait des crèmes dessert au chocolat et un gâteau à la banane. Au moins, si la nav est galère, on pourra se réconforter avec du « bon manger », ce qui est très important, les marins ne me contrediront pas ;-)





Lors de cette dernière exploration des fonds sous-marins bahaméens, nous avons encore halluciné. l’eau est d’une clarté exceptionnelle et en l’espace de 30 minutes, nous aurons eu la visite de requins gris, de nourices, de raies, des baras, du mérou et toujours pléthore de poissons tropicaux !

La météo annoncée est plutôt bonne, du vent d’est, du beau temps et pas de cyclone à l’horizon. Nous avons prévu 20 h de nav, mais nous devrions mettre un peu moins. Ce qui est important pour cette traversée, c’est :
  • de traverser de jour et à marée haute toute la première zone de hauts fonds (3 m max) s’étendant sur plus de 45 milles avec des patates de corail un peu partout, qui peuvent parfois remonter assez haut.
  • arrivée de jour sur Cayo Guillermo, car nous ne connaissons pas les fonds, ni la précision de la carte.

Nous voilà donc calé, on met les voiles à 14h20 le 14 juillet. Bonne fête les frenchies !
Effectivement, nous avons bien fait de partir sur la montante et de jour, nous nous sommes faits 2 ou 3 frayeurs avec les nombreuses patates de corail, nous sortirons de cette zone « piégée » à la tombée de la nuit, après s’être détourné une première fois pour éviter un orage. On a navigué sous voile, sans moteur jusqu’en fin de soirée. Il y a plus de 15 noeuds de vent établis et on avance bien, 6 / 7 noeuds. Pour la nuit, comme je suis encore stressée, on mettra le moteur (1500 tours) et la grand voile (2 ris) pour nous stabiliser. On avance bien aussi, du 6 noeuds de moyenne. Plusieurs fois dans la nuit on a du composer avec les grains et les orages. On voyait des éclairs un peu partout autour de nous. Alex a géré, on a réussi à tous les éviter, en les doublant ou en les laissant passer ou alors ils se sont dissipés. Pour cette première nav de nuit (et certainement pour les prochaines…), je ne voulais pas rester seule dans le cockpit. On s’est donc aménagé un espace dodo dans le cockpit, comme ça Alex était toujours avec moi si besoin. La chieuse, hein ? Non, la flippée ! Au final, je l’aurais embêté 2 ou 3 fois pendant son sommeil, pour un orage, pour l’autopilot qui s’est arrêté (ma plus grande hantise sous voile avec de la houle, car il faut prendre la barre) et le premier cargo que nous croisons. Nous avons eu un magnifique couché de soleil, de même pour le couché de lune (à 3h, étrange, hein ?!?) et le levé du soleil. Le ciel étoilé était aussi de toute beauté, on y apercevra même la voie lactée… 






Bref, j’étais bien contente de voir le jour se lever vers 6h à l’approche des côtes cubaines, dont nous voyions déjà les lumières à plus de 20 milles des côtes. Nous sommes arrivés sur Cayo Guillermo sur les coups de 7h, nous avons donc mis 17 heures pour traverser, c’est parfait. Très vite, on se rend compte de l’inexactitude des cartes marines à Cuba. Au final, nous ne nous rendrons pas à la marina de Cayo Guillermo, l’accès est trop risqué pour Vega, peu de fond et beaucoup de courant. On se posera donc à l’ouest, comme nous l’avait recommandé le créateur de la page Facebook « Sailing and cruising Cuba ». Ca y est, on l’a fait ! 
Bienvenido a Cuba !

Bon, nous n’avons pas fini de naviguer pour nous poser un peu, il nous faut trouver une marina pour faire l’entrée sur le territoire, sinon, nous sommes condamnés à rester sur le bateau, ce qui va être tendu, car il va nous falloir de l’eau assez vite… Et puis, on a sacrément envie d’un MOJITO ! Et enfin, nous avons Aurel a récupérer à Varadero mercredi 20 juillet.  Donc, après un petit dej, une sieste et un bon repas, Alex propose de repartir afin d’avancer un peu sur les 150 milles qui nous séparent de Varadero. On fera un peu plus de 4 heures de nav jusqu’à Cayo Santa Maria. On y passera la nuit avant de repartir tôt le lendemain matin pour une journée de nav.
Ah oui, j’oublias, comme vous pouvez le constater, il n’y a pas de photo de notre arrivée sur Cuba, c’est tout simplement que ce n’est pas très joli dans ce coin. Il s’agit de côtes entières bordés d’hôtels tous plus moches les uns que les autres, de grands blocs à la limite de la cité HLM dans le 92 et des dizaines de grues, signes de la reprise des activités à Cuba et donc d’une certaine ouverture. Bref, on attendra un peu pour vous faire rêver…
Samedi 16 juillet. Nous avons tellement hâte d’arriver à Varadero et de se poser enfin, qu’Alex propose d’enchaîner un max de milles dans la journée. Nous aurons donc fait plus de 87 milles, 14 heures de nav pour mouiller à Cayo Bahia de Cadiz, à moins de 40 miles de Varadero. Demain, plus que 7 heures de nav et nous serons arrivés à bon port ! Contrairement à hier où samedi avons pu voiler toute la journée, aujourd’hui c’est pétole, 2/4 noeuds de vent. Ce sera donc au moteur, tranquille, jusqu’à la Marina Gaviota à Varadero. Pendant la nav Alex s’est décidé à prendre quelques cours d’espagnol… Ca s’annonce pas mal ! 
Varadero n’a rien de charmant et ce n’est nullement pour la beauté du lieu que nous sommes s’y pressés d’y arriver, mais plutôt pour avoir accès à pas mal de choses. Nous sommes sur le bateau depuis mercredi et les derniers ravitaillements sur Andros ne nous avaient pas permis de remplir les réserves et surtout de prévoir de délicieux repas. Nous rêvons donc d’un bon restau avec de la viande ! Notre dernière machine remonte aux Berry et malgré quelques lessives à la main, nous avons un stock de linge à laver complètement dingue. Nous n’avons plus de bière depuis plusieurs jours, là c’est le drame ;-) Bref, vous le comprendrez il est nécéssaire, voire vitale d’arriver vite !

Varadero est donc une longue avancée dans l’océan atlantique, sur plus de 20 km, la plus grande station balnéaire des Caraïbes accueillent plus de 50 hôtels, des magasins et de nombreuses activités nautiques. C’est le paradis des séjours « all inclusive » dont les canadiens (notamment) raffolent. Cela ne représente certainement pas l’âme de Cuba !






Quelques photos de la marina où nous sommes bien arrivés dimanche après-midi et d’une des premières chose que nous sommes allés faire : manger, pour ça c’est top ! Sinon, c’est un peu Disneyland ici, on hallucine, on se marre ou alors on se désole, bref, vivement le vrai Cuba !

lundi 18 juillet 2016

The white rasta !

Voici le dernier article sur les Bahamas. Nous étions donc toujours sur Andros et sommes partis sur Cuba jeudi 14 juillet. Nous avons passé une semaine complètement dingue sur Mangrove Cay. Entre plongées, chasses, pêche, ballades sous-marines et terrestres et partage de la vie des locaux, nous avons passé de très très bons moments et allons fortement regretter cette vie bahaméenne ! Je ne décrirais pas ici chacune de nos journées depuis le dernier article, mais bien plus l’ambiance et les émotions qui nous ont fait chaque jour aimer encore d’avantage ce pays.













Il est vrai qu’Alex et ses locks lui ont valu bien des « salutations » surprenantes dans les villages. Les bahaméens sont souvent étonnés de voir un rasta « blanc » et certainement que cela nous a valu quelques accueils encore plus chaleureux ! A Mangrove Cay et plus précisément à Moxey Town, nous avons fait la connaissance de Junior et Mario. Junior est « ramasseur » d’éponges et pêcheur de langoustes (à la saison) avec son frère. Quant à Mario, il s’occupe du bar / restau de ses parents, un lieu fort sympathique au bord de l’eau. 



Alors que nous désespérions de trouver comment retirer de l’argent, la maman de Mario nous a conduit jusqu’à la banque et là nous avons pu retirer au guichet avec nos passeports et autorisations écrites ! Quant à Mario et Junior, dans l’après-midi ils nous ont conduit faire de l’essence, puis nos courses… Ce que j’ai oublié de vous préciser, c’est que la veille quand nous nous étions présentés au restau pour boire un verre et manger et que nous n’avions pas un sou, ils nous ont servis quand même ! « No problem ! » Vous avez déjà vu ça, vous ?!? Bref, ils ont tous été adorables et nous avons passé notre avant dernière soirée avec eux au bar. Alex a beaucoup discuté chasse sous-marine et requins avec Junior et son cousin. Apparemment il y aurait du requin bouledogue dans le channel… Euh, c’est là où on chasse, pas très rassurant, non ?!? Mario nous a préparé une délicieuse salade de conch et ce sera cette recette que nous adopterons avec du jus de citron et du jus d’orange. La soeur de mario, Anastacia, était là aussi ce soir. On a sorti le polaroïd, et là les copains, vous avez assuré, ils ont sur-kiffé, au point que nous sommes agrafés sur les volets du bar avec un petit mot genre « good moment in paradise ;-) 


Comme vous le constaterez et nous cesserons de le répéter, nous avons adoré vivre aux Bahamas et si l’on pouvait y manger un peu plus de viande et de repas variés, nous serions tenter d’y poser nos valises ;-) Ce qui est fou, c’est que cela est totalement naturel chez eux, ils ne peuvent rester sans s’inquiéter de savoir comment tu vas, si tu as besoin de quelque chose… C’est une philosophie de vie totalement en perdition dans nos modes de vie « individualistes et effrayés » à l’occidental.

Un petit apparté pour les fans du monde sous-marin, les fonds étaient encore bien différents de ce que nous avons vu jusque là, mais tout aussi superbes, et bien entendu, nous y avons croisé requins gris, nourrices, raies, et un nombre de poissons hallucinant.





Lundi, nous sommes donc partis jusque Congo Town pour aller faire la clairance de sortie des Bahamas, en fait cela n’était pas nécéssaire, nous sommes venus jusqu’ici pour rien… Ce n’est pas grave, on s’est posé à Drigs Hill, une espèce de marina, qui n’en est pas une, mais où nous sommes parfaitement à l’abri. Après 2 jours de préparation, nous voilà prêts à partir pour Cuba. 



Nous avons une première nav de 30 milles à faire jusqu’à Grassy Creek Cay, des îlots tout au sud d’Andros à plus de 10 milles des côtes où nous pourrons nous abriter pour la nuit. Puis quelques 100 milles jusqu’à Cayo Guillermo sur la côte nord est de Cuba.
Voilà qui en est terminé des Bahamas…
Nous y repasserons sur la route du retour, avec grand plaisir !

jeudi 7 juillet 2016

Andros, l'île oubliée...

Nos 10 premiers jours sur Andros viennent de s’écouler. Nous avons passé les 3 premiers jours tout au nord, à Morgans Bluff, dans une baie très abritée. Un autre voilier était au mouillage avec nous. De premier abord ce spot n’inspire pas vraiment, des épaves de bateaux sur la plage, des carcasses de voitures au loin et pas franchement de vie à l’horizon. Mais au final, nous passerons 3 agréables journées, et nuits ! Il y a une espèce de petit port avec un bar / restau et une station service. Nous sommes accueillis chaleureusement par les clients du bar et les habitants du coin. Comme à leur habitude, les bahaméens sont incroyables sur ce point, leur gentillesse et leur bienveillance sont uniques !














Nous avons donc profité de cet endroit pour nous poser un peu, PMT, apnée, chasse sous marine (pour Alex), pêche et pêche aux calamars avec mon premier calamar pêché ! Nous nous sommes également décidés à aller courir, ça défoule, ça détend et ça fatigue, c’est parfait ! Je vous avoue que 2 jours après, mes cuisses s’en souviennent encore, mais ce n’est pas grave, ça ira mieux la prochaine fois ! Et puis le cadre est plutôt sympathique pour faire son footing…
Nous sommes allés jusqu’à la « ville » Nichol’s Town, en stop la première fois, puis en annexe. Dans ce petit village de bord de mer flotte comme un air de vacances, le temps s’y est arrêté. On y passera d’agréables moments sur la terrasse d’une petite case en bois… 





















Nous vous avions parlé du moteur de notre annexe a changer. Ca y est, c’est fait. On l’a commandé à Nassau et il est arrivé par le mail boat mercredi dans la nuit. Il devait arrivé à 21h, mais il a accosté à 1h du matin. Nous sommes donc allés voir pour le récupérer, on nous demande de revenir à 3h30, une fois que tout sera descendu. Quand nous revenons, il y a des palettes et des colis de partout. C’est le seul moyen de ravitaillement de ses îles… Quand on voit les frittes et les crevettes congelées posées comme ça, sous film, sans réfrigération, on se dit qu’on a eu de la chance de ne pas avoir été malade jusque là ;-) Bref, on reviendra à 7h pour récupérer le moteur, de nuit et parmi tant de choses, il était impossible à trouver. Forcément c’est un peu comme Noël et Alex s’empresse de le monter. Il faudra faire les 10 heures de rodage, mais déjà nous sentons bien la différence avec le précédent.


















Vendredi (01/07) nous partons pour le centre de l’île. Andros est la plus grande île des Bahamas, mais aussi la moins exploitée. Elle est très bizarrement dessinée et pas évidente à naviguer. Avec le vent à 20 noeuds et la houle de face, nous mettrons presque le double du temps prévu pour rejoindre Fresk Creek, soient 8 heures !!! En arrivant, pas de possibilité de mouillage, mais 4 beaux dauphins Tursiops à l’étrave du bateau :-) On se posera donc à la marina Lighthouse Club, sans prévenir personne, puisque personne ne répond à la VHF à cette heure-ci… Pas facile avec le courant de dingue qu’il y a, mais on gère. Nous voilà amarrés pour la nuit. Cette journée nous a épuisé, nous verrons demain pour les formalités. 














Petite soirée tranquille chez Hanke Bar and Restaurant, le tout sur pilotis dans la mangrove. Au final, nous resterons 3 nuits dans cette marina. Impossible d’aller mouiller ailleurs dans le coin et compte tenu de la météo, vent et houle de sud, on serait protégé nul part. Bon, cette marina est un peu à l’abandon, les pontons sont en train de s’écrouler les uns après les autres, pas de douche chez les filles, des toilettes qui laissent à désirer, pas de fuel dock et pas de laundry (contrairement à ce qui était annoncé). Dès le lendemain, nous devons changer notre bateau de place, un yacht de 50 pieds est attendu dans la matinée… Effectivement, c’est un sacré bateau qui s’amarre juste à côté de nous, « Le Dolce Vita » à partir de 40.000$ la semaine dans les Caraïbes avec un équipage de 4 personnes. Il est énorme et tout éclairé. Bon, ils laisseront le moteur en route en permanence, mais ça va, ça ne nous dérange pas trop... Nous ferons la connaissance de Mike, un des membres de l’équipage, très sympa. Dans la matinée nous sommes allés nous balader dans la mangrove, des canaux, des étendus de sable, des palétuviers, ... des épaves, magnifique !

















Voilà pour nos débuts sur Andros, comme nous vous l'avons dit hier, nous sommes maintenant sur Mangrove Cay, plus au centre et nous allons descendre ce week-end dans le sud avant de rejoindre Cuba la semaine prochaine.
On vous embrasse fort.